PASS ou LAS : choisissez votre 1re année de médecine selon votre projet et votre solution de réorientation

La première année de médecine n’existe plus sous la forme de la PACES. Depuis la réforme entrée en vigueur à la rentrée 2020, l’accès aux études de santé repose principalement sur deux parcours universitaires : le PASS et la LAS. Tous deux peuvent mener vers médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie, les filières regroupées sous l’acronyme MMOPK. Le bon choix dépend donc de votre niveau, de vos centres d’intérêt et de la poursuite d’études envisagée en cas de non-admission.
Ce que recouvre aujourd’hui la 1re année de médecine
La PACES, ou Première Année Commune aux Études de Santé, a été la voie d’accès aux études médicales entre 2010 et 2020. Elle a été remplacée pour diversifier les profils admis et éviter qu’un étudiant non admis se retrouve sans solution universitaire. Aujourd’hui, il n’existe plus de concours unique en première année : les étudiants suivent un cursus diplômant, valident des crédits et déposent une candidature aux filières de santé.
Deux voies structurent l’accès principal aux études de santé :
- le PASS, ou Parcours d’Accès Spécifique Santé ;
- la LAS, ou Licence Accès Santé.
Ces formations sont sélectives, mais elles ne reposent pas sur la même organisation. Le PASS donne une place prépondérante aux sciences de la santé. La LAS s’appuie d’abord sur une discipline de licence, comme le droit, la biologie, la psychologie, l’économie ou les sciences de la vie, complétée par une option santé. Dans les deux cas, l’admission en deuxième année dépend des résultats universitaires, du classement, des capacités de formation et, selon les établissements, d’épreuves complémentaires comme les oraux.
PASS ou LAS : comparer la place donnée à la santé et à la licence
| Critère | PASS | LAS |
|---|---|---|
| Organisation | Majeure santé et mineure disciplinaire | Majeure disciplinaire et option santé |
| Poids indicatif des enseignements | 48 ECTS de santé et 12 ECTS de mineure dans l’organisation couramment présentée | 48 ECTS de licence et 12 ECTS de santé dans l’organisation couramment présentée |
| Profil adapté | Étudiant très attiré par les sciences de santé et capable de suivre un rythme intensif | Étudiant souhaitant construire d’abord un cursus disciplinaire solide |
| Après une non-admission | Poursuite possible en L2 liée à la mineure, sous conditions | Poursuite naturelle dans la licence suivie |
| Redoublement | Le PASS ne se redouble pas | La licence se poursuit selon les règles universitaires |
Le PASS : une immersion forte dans les sciences de la santé
En PASS, les enseignements de santé occupent l’essentiel de l’année. Cette voie peut convenir à un étudiant qui se projette clairement dans un métier de santé et qui est à l’aise avec une forte densité de connaissances scientifiques. La mineure disciplinaire n’est pas un simple filet de sécurité. Elle doit être choisie avec sérieux, car elle peut déterminer la licence de poursuite si l’admission en MMOPK n’aboutit pas.
Le PASS est souvent perçu comme la voie la plus directe vers médecine. Il ne garantit pourtant aucune admission. La réussite dépend d’un travail régulier, de la compréhension des attendus de l’université et de la capacité à maintenir de bons résultats dans toutes les unités d’enseignement, y compris celles qui ne relèvent pas directement de la santé.
La LAS : une stratégie de continuité universitaire
En LAS, l’étudiant suit avant tout une licence. L’option santé s’ajoute à ce socle disciplinaire. Cette organisation peut convenir à un candidat qui apprécie réellement sa majeure et qui souhaite conserver une perspective professionnelle cohérente en dehors des études médicales. La LAS exige toutefois de réussir simultanément dans la licence et dans les enseignements de santé.
Le choix de la majeure influence l’orientation à long terme. Il est préférable de sélectionner une discipline que vous accepteriez de poursuivre jusqu’en L3, plutôt qu’une licence choisie uniquement parce qu’elle paraît stratégique. Demandez-vous quelle formation peut vous apporter des compétences, un diplôme et une direction si votre premier projet évolue.
Matières, ECTS et rythme de travail : à quoi se préparer
Le contenu précis varie d’une université à l’autre, mais la 1re année de médecine mobilise un socle scientifique dense. Les étudiants peuvent notamment étudier la chimie, la biochimie, la biologie cellulaire, la physique, la biophysique, l’anatomie, l’histologie, l’embryologie, la pharmacologie, les biostatistiques, la santé publique ainsi que les sciences humaines et sociales.
En PASS, l’exemple fréquemment présenté repose sur 12 unités d’enseignement réparties sur une année de 9 mois. En LAS, le programme dépend d’abord de la licence suivie : une LAS de droit n’aura pas le même quotidien qu’une LAS de sciences de la vie. Dans les deux cas, l’autonomie est centrale. Les cours s’accumulent rapidement et l’évaluation peut associer contrôle continu, épreuves écrites et oraux.
Valider l’année ne signifie pas être admis en médecine
Les ECTS correspondent aux crédits obtenus dans le cursus. Une année de licence validée représente généralement 60 ECTS. Une moyenne d’au moins 10/20 est souvent associée à la validation, mais les règles de compensation, les seuils, les sessions et les conditions de candidature dépendent du règlement de chaque université. À Toulouse, par exemple, le PASS implique de valider les 60 ECTS en session 1. Pour une LAS, il faut valider au moins 60 ECTS et 30 ECTS minimum au semestre d’automne en session 1.
Cette distinction est essentielle : validation universitaire et admission en MMOPK sont deux décisions différentes. Vous pouvez valider votre année sans être admis dans la filière demandée, car le nombre de places dépend des capacités de formation, parfois désignées par l’expression numerus apertus.
Parcoursup et admission en deuxième année : les étapes à anticiper
L’inscription en PASS ou en LAS se prépare sur Parcoursup. Comparez les formations proposées par les universités envisagées : mineures disponibles en PASS, licences compatibles avec une option santé, modalités d’évaluation, filières MMOPK accessibles et conditions locales de poursuite. Des intitulés proches peuvent recouvrir des règles différentes.
Le dossier de lycée compte dans l’examen des candidatures. Un bon niveau scientifique est utile, mais il ne remplace pas la régularité, l’expression écrite, les capacités d’organisation et l’endurance. Plutôt que de rechercher une combinaison de spécialités présentée comme magique, consolidez les disciplines dans lesquelles vous pouvez obtenir des résultats solides.
Une sélection fondée sur les résultats et les capacités d’accueil
Après validation des conditions exigées, les candidats sont classés. Certaines admissions reposent directement sur les résultats académiques. D’autres candidats peuvent être convoqués à des épreuves orales. L’université peut aussi organiser un interclassement entre les différentes voies d’accès. Les modalités, le nombre de places et les critères exacts doivent donc être vérifiés dans le règlement des études de l’établissement visé.
Chaque candidat peut formuler des vœux pour les filières médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et, selon les organisations locales, kinésithérapie. Les études de santé ne se limitent pas à médecine. Examiner plusieurs filières dès le départ aide à préciser son projet sans réduire son ambition.
Après une non-admission : poursuivre, retenter ou se réorienter
Le PASS ne se redouble pas. Si l’année est validée, mais que la candidature en santé n’est pas retenue, l’étudiant peut généralement poursuivre en deuxième année de licence correspondant à sa mineure, selon les conditions de l’université. En LAS, la poursuite se fait dans la licence choisie. Cette continuité explique pourquoi le choix initial ne doit pas reposer uniquement sur les perspectives d’admission.
Deux tentatives d’admission en MMOPK sont autorisées. Après une première candidature non admise, une seconde chance en LAS peut intervenir à l’issue de la L2 ou de la L3. La poursuite d’études doit alors respecter les exigences de crédits. Selon le niveau de candidature, 60 ou 120 ECTS supplémentaires peuvent être demandés, avec notamment 30 ECTS minimum au semestre d’automne dans les modalités évoquées pour la LAS.
En cas de non-validation de l’année, une réorientation peut être nécessaire, notamment via Parcoursup. Anticiper cette possibilité permet de protéger son parcours. Avant de confirmer un vœu, consultez la mineure ou la licence associée, les passerelles prévues et les règles actualisées de l’université. Une 1re année de médecine se prépare autant par une méthode de travail régulière que par un choix lucide de trajectoire.